25/03/2005

Le pendule de Foucault d'Umberto Eco

Casaubon, le narrateur du livre vient d’achever sa thèse sur les templiers. Il se retrouve employé au titre de consultant aux éditions Garamond où Jacopo Belbo et Diotallevi s’adonnent à des jeux d’érudits un peu pédant, se moquant du médiocre à tour de bras. Dans cette atmosphère tout de même bonne enfant, ils vont imaginer un nouveau jeu : après avoir cherché pour les besoin d’un livre, des manuscrits sur des sociétés secrètes ils vont entrer toutes les données dans leur ordinateur, et grâce à un programme de traitement aléatoire des nombres ils vont en tirer un texte plutôt intéressant. Ils décident de jouer à ce petit jeu à plus grande échelle, et imaginent un plan qui aurait été ourdi depuis des siècles et des siècles visant à la domination mondiale. Mais un jour les chevaliers de la vengeance apparaissent en chair et en os et veulent en savoir plus sur « le plan ».
Ce livre est d’une érudition extraordinaire, on y croise science, histoire, mysticisme, savoir ésotérique, hermétisme, alchimie, sciences occultes, sociétés secrètes Templiers, Rose-Croix, francs-maçons, Kabbale…le tout restant extrêmement fluide à lire, et l’intrigue est surprenante. Sous les oscillations du pendule, la réalité dépasse la fiction et nous on se régale. A lire de toute urgence, plutôt que le « Da Vinci Code », vous ne serez pas déçu, vous serez passionné !

Un petit extrait pour vous donner envie :

« Je fus réveillé par le téléphone. C’était Belbo, avec une voix altérée, lointaine.
« Alors ? D’où appelez-vous ? Je vous portais disparu au Chemin des Dames, en 18…
-Ne plaisantez pas, Casaubon, c’est sérieux. Je suis à Paris.
-Paris ? Mais c’est moi qui devais y aller ! C’est moi qui dois enfin visiter le Conservatoire !
-Ne plaisantez pas, je vous le répète. Je suis dans une cabine…non, dans un bar, en somme, je ne sais pas si je peux parler longtemps…
-S’il vous manque des jetons, appelez en P.C.V . Je ne bouge pas j’attends.
-Il ne s’agit pas de jetons. Je suis dans le pétrin. »
Il commençait à parler rapidement, pour ne pas me laisser le temps de l’interrompre. « Le plan. Le plan est vrai. S’il vous plait, ne me dites pas des évidences. Je les ai à mes trousses.
-Mais qui ? » J’avais encore du mal à comprendre.
« Les templiers, parbleu, Casaubon, je sais que vous ne voudrez pas me croire, mais tout était vrai. Ils pensent que j’ai la carte, ils m’ont coincé, ils m’ont contraint de venir à Paris. Samedi, à minuit, ils me veulent au Conservatoire, samedi- vous comprenez- la nuit de la Saint-Jean… » Il parlait de façon décousue, et je n’arrivais pas à suivre. « Je ne veux pas y aller, j’ai pris la fuite, Casaubon, ils n’hésiteront pas à me tuer. Il faut que vous avertissiez De Angelis- non, De Angelis, c’est inutile- pas de police, je vous en prie…
-Et alors ?
-Et alors, je ne sais pas, lisez les disquettes, sur Aboulafia … »

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